Compte-rendu : le Semi de Paris

Mon premier semi-marathon ! Compte-rendu :D

Il y a un an, je décidais de devenir runneuse. Dimanche dernier, j’ai couru mon premier semi-marathon. Les efforts que j’ai mis dans la préparation en valaient vraiment la peine, l’expérience était super et je suis même prête à recommencer :)


Bilan de ma préparation

Je vous ai déjà raconté ma préparation ici, si le côté pratique et les détails vous intéressent :)

Je peux conclure que préparer un premier semi a été une évolution importante de ma pratique, et que le faire seule, en hiver et en même temps que mes débuts professionnels n’était clairement pas l’idée du siècle ! Bien que très enthousiaste au début, je ne suis pas restée motivée tout du long et je n’ai pas pu apprécier chaque sortie, surtout les dernières semaines où j’étais vraiment fatiguée. J’ai dû être persévérante et me forcer parfois pour aller au bout de ce que j’avais prévu. Je vais prendre en compte ce ressenti pour la suite : j’ai envie de me recentrer sur le plaisir, que j’ai trop souvent mis de côté ces deux derniers mois.

Malgré tout je ne regrette pas : si la préparation a été éprouvante, le fait de courir le semi lui-même en valait la peine et si c’était à refaire, je recommencerai ! (mais je ferais différemment).


Le Compte-rendu

J- 7 : Dernière sortie longue. Je suis confiante sur ma capacité à terminer les 21 km car j’en ai déjà fait 18 en étant plutôt à l’aise. Je pars sur une prévision de 2h à la louche (soit à peu près 5’40 » au km) parce que ça me semble raisonnable pour un premier semi, mais en réalité je suis dans le flou total sur la vitesse qui me conviendrait. Impossible de me baser sur mes vitesses en entraînement car je passe ma vie à m’arrêter aux feux rouges. (#Runneuse urbaine)


J-4 : Il neige à Paris. Mes collègues et moi restons plantés devant la fenêtre pendant 10 min.
J-3 : Je cours m’acheter un k-way chez décathlon.
J-2 : Le stress commence à monter.
J-1 : Ca y est, je suis stressée. Plus que l’épreuve physique, c’est la taille de l’événement qui m’angoisse : Paris, 47 000 personnes, quasiment au même endroit et à la même heure, je ne suis pas 100% rassurée. Cette peur m’a pas mal gâché mon plaisir d’avant la course.


Jour J : Lever à 7h30, une banane, du pain, ma tenue déjà toute prête, un peu d’eau mais pas trop, et je suis partie.
 9h : J’arrive à Vincennes, j’entends la musique et la foule est impressionnante.
9h15 : Je rejoins une collègue, Claudia, dont c’est le premier semi et qui vise aussi 2h, et nous allons dans notre sas.
9h30 : on n’est toujours pas parties, j’ai hâte que ça démarre et qu’on sorte enfin de ce sas. En plus on se les gèle, heureusement que j’ai une polaire et un k-way. Aller, quand est-ce-qu’on part ?
9h50 : Après avoir lancé puis arrêté mon appli 5 fois parce que je croyais qu’on était partis et en fait non, on est partis.
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KM 1 : Ma collègue (on va l’appeler Claudia c’est plus simple) part comme une fusée à 5’20 » … Attends Claudia, c’est pas un 10 km, ralentiiiis !
KM 2 à 5 : Je ne veux pas perdre Claudia alors je continue sur cette allure un peu plus rapide que prévu. Le parcours dans le bois de Vincennes et les grandes rues de Paris est bien large, on n’est pas trop serrés, le souffle et les jambes vont bien, tout va bien !
On est en plein soleil et on a très chaud, en fait pendant tout le semi on va alterner entre trop chaud et trop froid.
KM 4 : Place de la Nation :) Je cours toujours à côté de Claudia, on a ralenti un peu on s’est stabilisées à environ 5’30 ». J’ai peur que ce soit trop rapide et que la deuxième moitié soit très pénible, mais je n’en sais rien alors je tente quand même le coup.
KM 5 : Premier ravito, j’attrape sans problème une bouteille d’eau, par contre je loupe les fruits … pas grave, j’ai mes fruits secs dans mon brassard, je prendrai des fruits frais à la prochaine occasion.


KM 7 : Place de la Bastille, je visite Paris. Je connais déjà mais ça fait toujours plaisir.
KM 8 : On est toujours sur du 5’30 » environ, de mon côté ça va encore. Claudia commence à se sentir moyennement bien, je lui propose de ralentir mais elle préfère continuer. La présence de Claudia me motive et me rassure.20160306_091517
KM 10 : Deuxième ravito, je loupe encore les fruits, c’est une malédiction.
Globalement le parcours est bien agréable, on passe sur des belles places et dans de belles rues (mais bon c’est Paris, je connais déjà donc je ne suis pas non plus émerveillée), il y a pas mal de faux plats mais je les vis plutôt bien, par contre dès qu’on passe dans une endroit à l’ombre on se retrouve avec du vent et il fait super froid … comme j’ai bien transpiré au chaud juste avant, je me retrouve au frais dans un T-shirt humide … aglala ! Mais finalement il ne pleut pas donc on a de la chance.
On passe les 10 km en 55 min au lieu des 57 prévues.


KM 13 : Et là, c’est le drame : le fameux coup de barre. Soudainement, mes jambes deviennent lourdes et douloureuses, je respire mal. Je ne me sens pas du tout à l’aise, je force, je suis au maximum. J’en viens même à me demander si je serai capable d’aller au bout, je ne me vois pas faire encore 8 km comme ça ! Peut-être que je devrais ralentir ? J’ai l’impression de ne plus rien contrôler : si j’essaie de ralentir, il faut que je fournisse un effort pour modifier mon allure, et j’ai la sensation qui se je fais ça, je vais m’écrouler. Soit je continue sur cette vitesse, soit je m’arrête complètement … je force mais je continue.
KM 14 : Claudia doit s’arrêter car elle se sent mal et je continue sans elle. On aura quand même réussi à faire 14 km ensemble, c’est la première fois que je fais une course sans être seule tout du long, j’étais bien contente qu’elle soit là :) Mais pour la suite, je continue en solo !
KM 15 : Je fais toujours environ du 5’30 », je me sens toujours mal, c’est le gros suspense pour la suite : est-ce-que ça va passer ? Est ce que je vais devoir ralentir, marcher pour pouvoir finir ? Aucune idée, tant que je peux je continue, mais je ne vois pas bien ce que je suis censée faire quand je n’en pourrai plus. Je m’étais déjà sentie comme ça, mais uniquement à la toute fin d’un 10 km, donc j’avais tenu sans problème. Là il me reste quand même un bout à faire, et je me rends vraiment compte qu’un semi n’a rien à voir avec un 10k (bah oui, c’est beaucoup plus long …).20160306_091055

KM 16 : et là pouf, le coup de barre s’en va comme par magie. Juste quand ça commence à aller mieux, il y a un nouveau ravito, un bout d’orange (je l’ai eue cette fois, haha !) et je suis repartie. Je respire mieux, je retrouve des sensations normales dans mes jambes, même si elles restent un peu douloureuses. C’était donc ça le fameux « mur » ? Un gros coup de barre, qui s’en va comme il était reparti. Assez étonnée des tours que me joue mon corps, je reprends confiance pour la suite et je continue sur mon allure que je n’ai pas lâchée depuis le début. Je suis assez régulière depuis le début (je reste entre 5’25 » et 5’30), ce qui est plutôt miraculeux parce que mes sorties habituelles sont en mode yoyo (les satanés feux rouges) et je n’ai pas pu m’exercer du tout à la régularité.

On longe le bois de vincennes, il y a des arbres, le paysage est sympa, mais c’est tout droit et très long.
KM 18 : On approche de mon record de distance.
Je sens mes abdos et mes muscles du dos hyper contractés et fatigués. C’est la première fois que je remarque ce détail pendant que je cours. J’ai beau avoir couru pas mal depuis un an, j’en suis sûre : je n’ai jamais fait un effort physique aussi intense de ma vie. Sur le moment je me dis : »Je croyais que les 10 km c’était intense … c’est de la gnognotte en fait ! »
KM 19 : ca y est j’ai battu mon record de distance !


KM 20 : houlala plus q’un kilomètre ! Je suis un peu au bout de ma vie mais c’est presque fini. Un panneau « bientôt finisher » me booste. Je me surprends à pleurnicher, pourtant l’idée de finir cette course n’avait pas une grande importance émotionnelle à mes yeux, mais avec la fatigue et le soulagement de se savoir bientôt arrivée, je ressens une certaine émotion que je n’avais pas prévue.
Un monsieur sur le côté nous dit : « aller plus que 600 m ! » Je sens que j’en ai encore un peu sous le pied alors je m’autorise une accélération … bah oui, dans ma tête, 600m à côté de 21 km ce n’est rien du tout, je peux bien sprinter ! Si j’avais eu tout mon cerveau fonctionnel à ce moment là, j’aurais compris que sprinter sur 600m est impossible ;) Je suis obligée de ralentir pour pouvoir finir.
Je vois l’arche d’arrivée, je suis crevée et c’est un peu irréel, je ne réalise qu’à moitié.

Je passe la ligne d’arrivée au bout de 1h55 !


 BILAN de mon premier semi

Bon déjà je vous l’avoue : 1h55 pour mon premier, je suis super fière. Je n’étais pas sûre de passer sous les 2h … c’est fait, largement !
Physiquement : Juste après la course j’ai eu très froid et j’ai été très étonnée de sentir mes hanches, ça ne m’était jamais arrivé : taper sur le bitume pendant presque deux heures, c’est intense pour les articulations. Heureusement c’est parti très rapidement, une demi-heure après je ne sentais plus rien. Je n’ai pas eu mal aux genoux ni aux chevilles, ce qui me rassure énormément. Bon par contre les muscles … ça c’était douloureux ! Pou faire simple, j’ai eu mal à tous mes muscles sauf aux bras :D
Et j’ai eu des courbatures pendant deux jours mais j’ai connu pire ;)
Même si j’ai forcé du début jusqu’à la fin, j’ai adoré pouvoir courir aussi longtemps sans jamais être interrompue, c’est quelque chose dont je suis privée d’habitude (pouvoir courir sans s’arrêter à un feu rouge ou laisser passer quelqu’un) et ça m’avait beaucoup manqué, cette sensation d’être lancée, d’être libre, de courir aussi longtemps que je le veux.

Conclusion : pour la préparation, j’ai beaucoup de progrès à faire, mais pour la course elle-même, les sensations sont géniales. C’est une expérience assez différente du 10k et j’aime beaucoup les deux. En tout cas j’ai très envie de me réinscrire à un autre semi :)


Vous avez déjà couru un semi ? Envie d’essayer ? 
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2 réflexions sur “Compte-rendu : le Semi de Paris

  1. yin - yinrun.fr dit :

    Félicitations pour ton premier semi, tu peut être fière du boulot que tu as accompli pour boucler aujourd’hui 21km en moins de 2 heures ! Je viens de boucler mon premier semi aujourd’hui aussi. Je ne sais pas où tu t’entraines à Paris mais quand j’habitais là bas, je profitais de la coulée verte , du bois de Vincennes ou des quais de Seine pour ne pas être interrompu en permanence; mais je n’étais pas trop loin de tout ça (rue de charonne pour situer ).

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    • Elise dit :

      Merci, bravo aussi pour ton premier semi ! :) Et merci pour les astuces de parcours, c’est pas trop dans mon quartier mais ça ne m’empêche pas d’y aller de temps en temps, il faut que j’essaie.

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